Notre-Dame et les Bouquinistes, en Vélib par une belle journée d’hiver

Hier matin, il faisait soleil, et en revenant chez moi après avoir donné un cours à l’autre bout de Paris, mon trajet a pris la forme d’une balade magique en Vélib le long de la Seine.

La réapparition de Notre-Dame

Notre-Dame de Paris se dressait, sa nouvelle flèche enfin dévoilée (depuis la semaine dernière), et fièrement plantée au sommet.

C’est une nouvelle étape, et un bon signe pour les prochains Jeux Olympiques d’été, pour lesquels Paris se prépare à présenter au monde son joyau rénové, promettant que la cathédrale sera prête à inspirer athlètes et visiteurs , moins de 5 ans après son incendie.

Notre-Dame et les bouquinistes
Paris en février : Même le soleil ne peut résister à l’envie flâner devant un étal de bouquiniste, tandis que Notre-Dame émerge peu à peu de ses échafaudages.

Alors que la flèche se dresse fièrement contre le ciel parisien, au niveau du sol, une tout autre activité prospère au soleil : les bouquinistes, ces libraires emblématiques en bord de Seine dont les étals verts bordent le fleuve depuis des siècles. Ils célèbrent leur victoire, à l’issue d’un débat animé : il était question de les déplacer temporairement pendant la durée des Jeux Olympiques pour des raisons de sécurité, ce qui a provoqué un tollé parmi les habitants de Paris et les amateurs de livres du monde entier.

Devenez un expert de Notre-Dame de Paris en ligne

Le saviez-vous ? la cathédrale Notre-Dame possède son propre MOOC. C’est fascinant, et il existe une version en anglais si vous préférez la langue de Shakespeare

Vous pouvez vous inscrire ici au MOOC de Notre-Dame, sur le site de la Fondation Orange. Ou regardez-le sur Youtube, si vous ne vous sentez pas l’âme d’un étudiant

Et si vous préférez rêver, pourquoi ne pas lire ou relire Notre-Dame de Paris, le chef-d’oeuvre (vraiment !) de Victor Hugo ?

Les bouquinistes : sauvés par le Président

Dans une ville qui valorise autant son patrimoine culturel que sa modernité, l’idée de déplacer les bouquinistes pendant les Jeux Olympiques pour des raisons de sécurité a été largement contestée. Emmanuel Macron a fini par trancher, décidant que les bouquinistes resteraient à leur place. Cette décision montre l’engagement de Paris à préserver son histoire, même en pleine préparation d’un événement sportif mondial.

En choisissant de garder les bouquinistes, Macron a affirmé que le charme de Paris réside dans son mélange unique d’ancien et de nouveau, de grandiose et de quotidien.

La rénovation de Notre-Dame illustre la capacité de Paris à se renouveler tout en restant fidèle à son identité. La cathédrale et les bouquinistes sont essentiels à l’âme de Paris, tous deux prêts à continuer leur histoire alors que la ville se prépare pour les Jeux Olympiques. Mais cela n’a pas été sans débats : sur la reconstruction de Notre-Dame d’abord, où certains projets ambitieux proposaient d’utiliser des techniques modernes, et sur les bouquinistes, la préfécture de Police y voyant des problèmes de sécurité lors de la cérémonie d’inauguration, qui aura lieu sur la Seine.

Cette photo illustre deux bonnes nouvelles parisiennes de ce mois-ci, mais surtout, elle démontre que la beauté de Paris fait partie intégrante de notre vie quotidienne de Parisiens.

Notre-Dame, les bouquinistes et les autres trésors de la ville ne sont pas juste des attractions pour les touristes ; ils sont au coeur de notre vie quotidienne et font partie des paysages familiers, ils nous accompagnent dans le moindre nos trajets et routines.

Chaque recoin de Paris nous rappelle quotidiennement que nous vivons dans une ville chargée d’histoire, mais qui avance avec vigueur. En tant que local, la beauté de cette ville est une constante, intégrée au rythme même de notre vie quotidienne, et n’est pas seulement un spectacle pour les visiteurs. Pas étonnant que les bords de Seine soient inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et pas étonnant que Chat GPT l’ait mentionné comme l’une des 237 raisons de tomber amoureux de Paris

Les Jeux Olympiques passeront, mais l’esprit de Paris perdurera, mêlant le quotidien à l’extraordinaire. La persévérance des bouquinistes et la restauration de Notre-Dame symbolisent l’âme véritable de Paris.

Les Bouquinistes de Paris : Gardiens des Trésors Écrits

Bienvenue sur les berges animées de la Seine, où l’histoire ne réside pas seulement dans les monuments, mais aussi dans les boîtes peintes en vert qui bordent le bord du fleuve. Ici, les bouquinistes de Paris proposent des joyaux littéraires et des artefacts culturels tant aux locaux qu’aux flâneurs.

Parrott, William, 1846
Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Parrott, William, 1846 – Bouquinistes, quai de Conti
Musée Carnavalet, Histoire de Paris

Issus du terme « bouquin », un mot qui remonte à 1459 et pourrait dériver du flamand « boeckijn » signifiant « petit livre », ces vendeurs sont devenus aussi emblématiques que les monuments de la ville. La première mention officielle d’un « bouquiniste » apparaît dans l’édition de 1762 du Dictionnaire de l’Académie française, les définissant comme vendeurs et acheteurs de « vieux livres, ou Bouquins ».

Cette tradition a commencé au 16e siècle avec des colporteurs itinérants. Faisant face à l’opposition de la guilde des libraires, un règlement de 1649 a interdit les étals portables et l’exposition de livres sur le Pont Neuf. Cependant, les bouquinistes ont persévéré, endurant des périodes d’expulsion et de réacceptation.

Avec l’embellissement des quais sous Napoléon Ier, les bouquinistes se sont étendus du Quai Voltaire au Pont Saint-Michel, obtenant finalement une reconnaissance et un statut similaire à celui des commerçants publics de Paris.

En 1859, la ville de Paris a formalisé leur présence avec des concessions fixes. Chaque bouquiniste avait droit à 10 mètres de parapet pour une redevance annuelle. Les boîtes, désormais une caractéristique distinctive des bouquinistes, ont été standardisées en taille par 1930.

Aujourd’hui, plus de 200 bouquinistes gèrent près de 900 boîtes le long de la Seine, du Pont Marie sur la rive droite au Quai de la Tournelle sur la rive gauche. Ces boîtes se déploient pour révéler un trésor d’environ 300 000 livres, ainsi que des estampes, des magazines et des cartes postales vintage.

En 2019, les bouquinistes de Paris ont été reconnus comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel de la France, consolidant leur place non seulement dans l’histoire de Paris mais aussi dans sa culture vivante. En même temps, les autorités ont commencé à lutter contre la tendance croissante de certains bouquinistes à devenir des revendeurs de souvenirs touristiques (contrairement à la loi).

Lorsque vous vous promenez le long des quais, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil, certaines boîtes valent le détour.

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